Lundi 12 Avril

Aujourd’hui, mon article va avoir une forme un peu différente. Plutôt qu’un thème général sur lequel je disserte un court instant, je vais évoquer certains points qui me semblent intéressants dans la société japonaise et dans leur rapport aux gens. Rassurez-vous, ceci n’est pas du tout une étude complexe, mais plutôt une liste de petites différences entre la France et le Japon, dans la vie quotidienne. Je précise que ces faits ne sont que des remarques personnelles, et qui n’ont pas la prétention de se proclamer vrais ou systématiques. J’ai simplement noté des divergences par rapport à la France, et je me contente de les citer en y ajoutant un léger commentaire personnel. Ceci ne fait pas de ces éléments des faits établis et véridiques ! Loin de moi l’envie d’ajouter à une liste déjà longue de nouvelles idées reçues sur le Japon…

¥ – On dit « itadakimasu » – いただきます, soit « excusez-moi je commence à manger » (ce qui invite en fait les autres à commencer, ou leur demande pardon pour l’impolitesse de débuter seul) plutôt que « bon appétit » (lorsque l’on souhaite soi-même commencer).
Je trouve cela bien plus poli et intéressant du côté japonais, car en parlant de soi, on invite les autres à débuter le repas et on prouve ainsi que notre intérêt est situé avant tout sur les autres personnes. Notre « Bon appétit » est souvent très hypocrite : on le dit parce que nous avons nous-même envie de commencer. Ainsi, par le biais d’un faux intérêt vers l’autre, on démontre que l’on ne pense vraiment qu’à son propre estomac.

¥ – Quand je sers quelque chose à table aux grands-parents, il ne disent pas merci une fois que je les ai servi comme en France (merci de M’avoir servi Moi) mais « sumimasen » – すみません, c’est-à-dire pardon quand je commence à les servir, donc pardon de vous causer ce dérangement pour me servir.

¥ – Dans de nombreux supermarchés où je suis allé, cela s’est passé de la même façon, c’est-à-dire :
– La caissière me souhaite la bienvenue et me remercie
– Elle passe les articles et me donne le prix, puis je dépose l’argent
– La caissière me dit à haute voix combien j’ai déposé et me regarde pour voir si j’acquiesce
– Elle me dit combien elle va me rendre. S’il y a plusieurs billets, elle les compte devant moi et me les donne.
Puis elle prend le ticket de caisse, pose les pièces dessus et me les dépose dans la main, avant de me remercier encore très poliment.
– Si vous croisez un employé en sortant, il vous remerciera d’être venu dans son magasin, même si c’est le préposé au parking !

Mes premiers essais de texte japonais calligraphié (je copie simplement, rassurez-vous!) Les cent poèmes du thé de Sen no Rikyu
Mes premiers essais de textes calligraphiés

¥ – A chaque fois que j’ai demandé quelque chose dans un magasin ou dans la rue, on ne m’a pas montré la direction, mais on m’a amené à l’endroit où cela se trouvait en s’assurant qu’il s’agissait bien de ce que je cherchais !

¥ – Dans les magasins, il est une chose assez étrange pour nous : les employés crient à tue-tête bienvenue sans arrêt, sans forcément vous regarder, et même dans des cafétérias ou des snacks. Moi ça m’a beaucoup surpris, surtout les premières fois où j’ai répondu spontanément à la personne, ce qui était assez étrange en fait dans ce contexte ! (le « irasshaimase いらっしゃいませー » n’attend pas de réponse)

¥ – Sur les grands parkings, des personnes en uniforme vous guident pour trouver facilement et rapidement une place. Ils vous donnent des indications précises, permettent aux piétons et aux cyclistes de traverser sans le moindre risque, stoppent la circulation pour vous permettre de sortir du parking ou retourner sur la route,… C’est vraiment très agréable et très professionnel. Le personnel des stations services fait la même chose en vous guidant à la voix pour vous indiquer à quelle pompe s’arrêter et vous faire repartir.

¥ – Dernières remarques futiles et sans aucune importance : les enveloppes (du moins toutes celles utilisées ce mois-ci) n’ont pas de surface collante pour les fermer : vous devez mettre vous-même de la colle. Et certains sachets plastiques sont refermés à l’aide d’un lien, mais en repliant l’ouverture à la façon des chignons des samouraïs ou des sumô… imprégnation culturelle ?

 

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