Samedi 25 Septembre

Je n’ai eu que très peu de temps à moi depuis mon emménagement à Kyoto, et je ne vais pas beaucoup écrire aujourd’hui. Plus que de culture ou de découvertes, je vais essentiellement vous parler de moi, vous donner quelques nouvelles fraîches de mon aventure au Japon, et vous montrer mes dernières photos, puisque vous attendez tous cela ! Commençons alors par les clichés pris à Tokyo au début du mois de septembre.

    

Musée Ghibli : Accueil par Totoro3 - Musée Ghibli - Accueil Totoro

Musée Ghibli : le robot de Laputa2 - Musée Ghibli

Home-rice « Hello Kitty » dans un maid café1 - Maid-café - Hello Kitty Home-Rice

Grand building de Tokyo5 - Célèbre immeuble de Tokyo

Tokyo de nuit, vu du 46ème étage du Metropolitan Governement Office Building6 - Du haut du Tokyo Metropolitan Governement Office Building

 

J’avais plusieurs raisons de ne pas aller à Tokyo : monde fou, pollution, ville immense, agitation et buildings,… bien loin de ma petite ville calme de Fuji, dans laquelle je me plais véritablement. Mais j’ai tout de même voulu m’y rendre pour visiter quelques endroits, notamment le Studio Ghibli, le musée des studios de création et production des anime de Hayao Miyazaki (« Le voyage de Chihiro », « Mon voisin Totoro », « Le château dans le ciel », « Princesse Mononoke », etc.).

Cet endroit est absolument merveilleux, et quiconque s’y rend se transforme immédiatement en enfant ébahi devant les centaines d’aquarelles, les dizaines d’animations créatives, et devant les meubles et l’architecture du bâtiment, complètement oniriques. Seul petit bémol, bien que tout à fait normal, les photographies sont interdites à l’intérieur. J’aurais vraiment aimé vous montrer au moins l’intérieur du musée et la reconstitution du bureau d’Hayao Miyazaki, dont les murs sont entièrement recouverts d’aquarelles de ses films d’animation, mais ce lieu est si merveilleux que si les photographies étaient autorisées, nous ne nous retrouverions plus du tout au milieu des flashs et des poses au sourire forcé des visiteurs (pour la plupart Japonais !).

J’avais fait part à Maiko (la fille de la famille de Fuji qui me guidait pendant ces deux jours) de mon envie d’aller dans un « Maid café », une particularité japonaise et spécialité du quartier d’Akihabara à Tokyo. Ce sont des café/bar où les serveuses sont habillées en « servante » ou en personnage de manga, et la plupart sont situés dans le quartier précédemment cité, où se trouvent également tous les magasins nécessaires aux fans de manga (magasins d’électronique, jeux vidéo, manga,…).

De prime abord, ce n’est pas particulièrement le type d’endroit dans lequel je me sens à l’aise et même, dans lequel j’ai envie d’aller. Mais il s’agit d’un lieu que l’on ne trouve qu’au Japon, et je voulais vérifier si tout cela existait vraiment ailleurs que dans les livres et les documentaires. De plus, c’était également la première fois pour Maiko, qui n’avait jamais été dans un maid café auparavant.

Eh bien je peux vous dire que je n’y trouve absolument aucun intérêt ! Bien sûr, les fans de manga habitués à avaler des centaines de pages à l’heure doivent se croire en pleine aventure en se faisant servir par une fille du même genre que dans les bande-dessinées, une fille qui les appellent « maître » en leur souhaitant la bienvenue avec les termes spécifiques utilisés uniquement à la maison. Mais le très fameux « Home-rice », ou riz surmonté d’une omelette et décoré au ketchup (un plat plus que banal), qui coûte 12 euros m’est quelque peu resté en travers de la gorge. Il est extrêmement surprenant de lire le menu des maid café : une double page de plats et boissons, et une quinzaine de pages de règlement à respecter et de tout ce qu’il est possible de faire … à condition de payer. Par exemple, une photo avec une des serveuses coûte environ huit euros, une partie de cartes pour dix euros, etc. Bienvenue au maid café !!!

Une des autres attractions de Tokyo est bien sûr les nombreux magasins et les buildings. Pour cela, aucun problème, vous trouverez de tout partout et à toute heure ! Mais malgré toute cette pollution et cette consommation d’énergie incroyable, il est possible de trouver un certain charme dans la ville de Tokyo et dans ses plus fameux immeubles. Ainsi, un soleil couchant en fond de toile pour le grand immeuble de la mode de Shinjuku donne à la ville une toute autre couleur et un aspect complètement futuriste. Tokyo a l’air d’être une ville dans laquelle il est impossible de se reposer, où tout va très vite, trop vite pour le pauvre Aveyronnais que je suis. Ah, et dire qu’il y a plus d’habitants dans un seul immeuble que dans mon petit village de Centrès …

 

Un des musées que je souhaitais visiter s’appelle le Musée Nezu, que la plupart des Japonais ne connaissent pas et qui pourtant représente une collection d’objets d’arts de la Chine antique incroyablement riche. Au milieu des statues anciennes de Bouddha et des calligraphies rares, nous avons été particulièrement impressionnés par l’ensemble de bronzes chinois datant du XIIe et XIIIe avant Jésus-Christ. Beaucoup des motifs représentés sur ces bronzes font penser aux motifs antiques des civilisations Aztèque ou Inca (motifs de spirales carrées, tourbillons, formes géométriques, pictogrammes,…), et ces objets ont pour la plupart une fonction rituelle. Ce sont des objets funéraires évoquant la relation entre morts et vivants et représentant des animaux symboliques ou mythiques tels le dragon ou le glouton.

Mais le plus surprenant est, sans aucun doute, la présence d’un jardin si vaste et d’une végétation si luxuriante en plein Tokyo. Lorsque l’on est au milieu de cette nature d’apparence sauvage, on a du mal à croire que l’on se trouve dans l’une des plus grandes mégalopoles mondiales. C’est la particularité des villes japonaises dont je parle le plus souvent dans mes articles : la capacité d’organisation de l’espace alliée à l’omniprésence de la nature. En tout, pour un musée « inconnu » de la plupart des gens, nous avons vagabondé entre des œuvres uniques pendant environ trois heures ! Une merveilleuse ballade.

Le jardin du Musée Nezu9 - Moi au Musée Nezu

Lieu d’attente pour la cérémonie du thé10 - Pour l'attente avant la cérémonie de thé

Le petit lac idyllique12 - Petit lac idyllique

Dans le jardin, en plein Tokyo15 - Dans le jardin

Et pour terminer ce séjour à Tokyo, le festival de l’université d’art proposait une journée entière de concerts et d’expositions destinée à tous ceux qui souhaitaient venir. Nous avons pu voir des étudiants japonais faire de la danse et  de la musique traditionnelles celtiques, de la musique traditionnelle japonaise, du classique,… Il y en avait pour tous les goûts, et véritablement de très bonne qualité. Un excellent moment musical pour terminer un séjour, que demander de plus ?!

Université d’arts de Tokyo : Concert d’instruments traditionnels 18 - Festival de l'Université d'art de Tokyo - Joueuse de shamisen

Le riz fauché et mis à sécher4 - Riz coupé et mis à sécher

5 - Rizière

Comme un symbole représentant mon départ de Fuji pour une « nouvelle vie » citadine à Kyoto (pour la première fois en appartement et non en famille d’accueil),  le riz a été fauché à la mi-septembre près de mon ancienne maison d’accueil. Fin d’un cycle dans mon aventure au Japon. Les petits plants de riz se sont transformés en grands épis chargés de vie, et apportent à leurs propriétaires patients la possibilité de continuer sereinement pendant l’hiver. De la même façon mes notions de japonais ont poussé, devenant progressivement connaissance, autonomie, maîtrise partielle, puis compréhension. J’ai quitté ma terre d’accueil pour faire fructifier ce que j’y ai appris, me lançant à l’assaut du travail et de la vie indépendante en pleine culture étrangère.

Je suis ainsi arrivé à Kyoto le 14 septembre, avec le remplacement d’un professeur de français et un entretien à faire dès le lendemain ! Tout s’est bien passé, et j’ai commencé à travailler en tant que serveur-remplaçant (oui, cela existe, et c’est en quelque sorte pour combler les trous) au restaurant de l’Institut franco-japonais du Kansai, une école de langue et de développement culturel français au Japon. Je cherche également des élèves pour donner des cours de français et gagner par la même occasion de quoi continuer à payer le loyer. Pour l’instant, je n’ai qu’UNE SEULE élève !!

Mon logement est en réalité une petite maison que je partage avec trois autres personnes. Il y a trois chambres (un couple, une personne seule, et moi) à l’étage et les parties communes au rez-de-chaussée. J’ai choisi cette maison car elle est très bien située par rapport à mes lieux de prédilection : 15 minutes du centre-ville, 15-20 minutes des montagnes de l’est où se trouvent les grands temples de la ville, et juste au sud du quartier traditionnel de Gion, le quartier des geisha, avec les rues pavées et les maisons en bois.

On m’avait précisé auparavant que le propriétaire de la maison venait une fois par mois à Kyoto et dormait un soir ou deux ici, mais je n’en savais pas plus. Il nous a contactés pour nous annoncer sa venue le week-end dernier, et j’ai appris qu’il était Maître et Instructeur de théâtre Nô, dans la plus réputée des familles de Nô de Kyoto !!! Je lui ai donc fait part de mon intérêt pour les arts traditionnels, et il m’a invité, ainsi qu’une autre locataire, à assister à un spectacle de danse traditionnelle japonaise. Il nous a proposé de venir le voir en représentation de nô le mois prochain!

J’ai discuté tout une soirée avec cet homme très simple, abordable, fan de piano jazz (il va voir Keith Jarrett à Kobe ce week-end!), et étonné qu’un jeune étranger comme moi s’intéresse au nô. Il m’a même avoué en rigolant : « je n’ai jamais lu les livres de Zeami que vous avez lu! ».

Voici donc mes dernières péripéties japonaises. De nouvelles visites que je vais bientôt programmer, la recherche de travail, les rendez-vous avec mes amis qui habitent ici … peu de temps à moi mais une expérience qui sera probablement fructueuse et inoubliable. Je vous laisse avec les photographies des danses traditionnelles que nous sommes allé voir le week-end dernier, ainsi qu’avec le dernier dessert préparé pour ma famille d’accueil de Fuji.

A bientôt,

Thomas

 

La danse avec un éventail, courante et réputée au Japon1 - La danse avec l'éventail est très réputée au Japon

Un des rideaux du théâtre2 - Un des rideaux du théâtre

Expression figée du visage typique du théâtre japonais3 - Les expressions figées des visages sont magnifiques

La pièce « Pin, Prune, Bambou » : 1er personnage4.1 - La pièce 'Pin, Prune, Bambou' - 1er personnage

La pièce « Pin, Prune, Bambou » : 2ème personnage4.2 - La pièce 'Pin, Prune, Bambou' - 2ème personnage

La pièce « Pin, Prune, Bambou » : les trois personnages4.3 - La pièce 'Pin, Prune, Bambou' - les trois personnages

Un homme (celui de gauche) tente de voler un sabre à un samouraï et fait croire qu’il lui appartient6 - Un homme (celui de gauche) tente de voler un sabre à un samouraï et fait croire qu'il lui appartient

Un juge et son assistant passent par là et tentent de résoudre l’énigme7 - Un juge et son assistant passent par là et tentent de résoudre l'énigme

Le juge pose des questions aux deux séparément, mais le voleur écoute à chaque fois la réponse et répète mot pour mot ce qu’il a entendu !8 - Le juge pose des questions aux deux séparément, mais le voleur écoute à chaque fois la réponse et répète mot pour mot

Poires Belle-Hélène, granité à la cannelle9 - Assiette Poires Belle-Hélène

 

 

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