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Daigo est dans une impasse. Violoncelliste dans un orchestre de Tokyo, il vient d’acheter un violoncelle très cher mais son orchestre est soudainement dissous. Contraint de revendre son instrument pour des raisons financières, il part avec sa femme dans sa ville natale et se met à la recherche d’un nouvel emploi. Tombant sur une annonce qui parle d’assister les départs, il croit à une agence de voyage et va passer l’entretien, où il est pris directement par le singulier patron. Mais il s’agit en fait d’une entreprise de pompes funèbres. Daigo est partagé, car il ne souhaite pas faire ce métier, mais le patron est très insistant et directif, et le salaire assez élevé. Il continue donc tout en le cachant à sa femme, et apprend progressivement le rituel de la mise en bière, plein de respect et de poésie, dans lequel il trouve une beauté et une raison d’être malgré l’opposition de ses proches.

departures3La cérémonie funéraire au Japon est très codifiée, et même si elle est très importante et suivie, il y a une sorte de tabou concernant la mort et ceux qui la côtoient. En général, le rite est de tradition bouddhiste. A la mort de quelqu’un, le fils aîné de la famille se rend au temple, qui choisit le jour propice à la cérémonie. On place entre autres des fleurs, de l’encens, un chapelet bouddhique autour du mort, on humidifie ses lèvres (rite pour la réincarnation) et on place de l’argent (pour traverser le fleuve des morts). Le lendemain a lieu la veillée funéraire à laquelle de nombreuses personnes sont conviées, et où un moine vient lire des sutras pendant que l’on fait brûler de l’encens. C’est à la fin de ce moment que la mise en bière a lieu.

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L’histoire est particulièrement magnifique, et malgré son sujet sombre, elle nous est contée de façon très poétique avec de nombreuses touches d’humour. Le rituel de mise en bière est présenté et expliqué de façon très précise, et les scènes y étant consacrées semblent comme hors du temps, montrant la lenteur et la précision des gestes tout en enveloppant délicatement ces moments de calme et de douceur, comme pour mieux accompagner les défunts dans leur dernier voyage. Ainsi, la simplicité et la faiblesse de Daigo (Masahiro Motoki excellent) se transforme en maîtrise et en humanité, sous le regard bienveillant de Tsutomu Yamazaki (acteur dans Kagemusha d’Akira Kurosawa), son patron parfois insaisissable. La musique de Joe Hisaichi est encore une fois splendide, apportant une nouvelle mélodie au violoncelle élégante et pleine d’émotion. Et malgré un personnage féminin que je ne trouve pas vraiment développé ni très réussi, Yôjirô Takita réussit un film doux et drôle sur un sujet délicat, qui connut un immense succès au Japon comme à l’étranger.

 

 

 

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