garden3Akizuki-kun est un jeune lycéen particulier. Plutôt solitaire, il a choisi une voix différente des autres garçons de son âge : il veut créer des chaussures et rêve de devenir cordonnier. Les jours de pluie, il a décidé de rater les cours du matin et d’aller dans un jardin (un jardin japonais traditionnel – 庭園), à l’abri d’un petit préau où il dessine des modèles de chaussures. Alors qu’il y est presque toujours seul, une femme est présente un jour, puis d’autres, et une discussion puis une relation se crée entre eux. Cette femme originale s’appelle Yukino-san, et elle boit de la bière tout en mangeant du chocolat et en lisant.

gardenCes deux personnes sont singulières. D’un côté, Akizuki-kun est très mature pour son âge mais semble encore en retrait et timide, comme un adolescent déjà adulte prisonnier dans un corps et une situation de lycéen. De l’autre, Yukino-san a une apparence calme, libre, désinvolte, comme une adulte qui laisse libre cours à sa propre personnalité et s’assume, alors qu’elle s’avère être encore une jeune femme fragile n’étant pas prête à devoir affronter les responsabilités d’une adulte. Entre eux, malgré la pluie qui les rapproche dans un endroit privilégié et hors du temps, il y a une certaine distance liée à l’âge, au statut de chacun, et à leur histoire personnelle qui les envahit parfois un peu trop eux-mêmes. La suite de l’histoire en dira plus long sur tout cela, bien que ce moyen métrage soit court (46min) et le scénario pas aussi étoffé qu’un véritable anime en long métrage.

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Comme il nous y a si bien habitués, et comme ça le sera encore dans ses prochains anime, Makoto Shinkai nous prouve plus que jamais que ses dessins et son animation sont incroyablement magnifiques, probablement les plus beaux (même devant Hayao Miyazaki) du monde de l’animation japonaise. Le quartier de Shinkuju est criant de vérité, les flaques d’eau sont plus que vivantes avec leurs reflets, le jardin est d’une beauté inégalable, les différences de la lumière du jour selon les heures est parfaite. Visuellement, « The garden of words » est un bijou. La musique sait être discrète, et sert bien le thème de l’histoire et les moments importants, même si Makoto Shinkai a tendance à mettre une chanson pop à la fin de tous ses anime, ce qui casse souvent l’ambiance par rapport à l’ensemble du film. Mais une chose très présente ici que j’aime beaucoup (et qui sera géniale dans « Kimi no na ha »), c’est la qualité du montage sonore, avec une attention très particulière aux bruits de la vie quotidienne du Japon. Le Japon est un pays où il y a énormément de signaux sonores, correspondant tous à quelque chose en particulier (avertisseurs, passages piétons, camions qui tournent, gare, annonces,…), et ils sont très présents ici et importants, car ils décrivent l’espace hors cadre, et donc l’univers qui entoure les deux personnages principaux sur lesquels le dessin est souvent centré. Un anime à voir, ne serait-ce que pour la beauté des images !

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