kimi noMitsuha est une lycéenne vivant avec sa grand-mère et sa petite sœur à Itomori, une petit ville rurale du Japon (le nom de la ville signifie littéralement « fil protecteur »). Elle passe son temps libre avec ses amis Katsuhiko et Sayaka, deux jeunes amoureux qui le nient, et avec sa famille. Mitsuha pratique avec sa grand-mère le tressage japonais kumihimo, et elle sert au sanctuaire shinto de la famille en tant que miko. Taki, lui, est lycéen à Tokyo et vit avec son père. Doué en dessin, il a une vie active entre ses amis, le temps qu’il passe au café avec eux, et son travail à temps partiel dans un restaurant italien. Derrière un tempérament de feu et un côté très « garçon », il est plutôt sincère et généreux. Mais un jour, Taki se réveille dans le corps de Mitsuha pour la journée, et peu après c’est l’inverse qui se produit. Les deux jeunes se retrouvent ainsi plusieurs fois dans le corps de l’autre à devoir mener la vie d’un(e) inconnu(e) tout en découvrant le corps du sexe opposé.  Se rendant compte de ces échanges occasionnels, ils décident de se résumer leurs journées et d’instaurer un code de respect de l’autre. Lorsque Taki essaie de retrouver Mitsuha, il découvre qu’une terrible catastrophe a eu lieu : une comète a détruit Itomori…trois ans auparavant !

kimi no2Kimi no na ha est magnifique ! Encore une fois, Makoto Shinkai nous éblouit avec des dessins splendides et une animation proche de la perfection. L’histoire est très belle, revisitant comme souvent dans ses anime le thème de l’amour à distance, mais présentant cette fois une richesse et une profondeur parfois manquante jusqu’alors. Sa façon de traiter la découverte des corps au travers de l’échange de Mitsuha et Taki est vraiment réussie. Même si la scène comique répétée de Taki (dans le corps de Mitsuha) se touchant la poitrine est plutôt classique, la scène de Mitsuha se réveillant dans un corps de garçon est judicieuse. Se rendant compte qu’elle a envie d’aller aux toilettes, on la voit gênée avant de la retrouver juste après les joues rouges face à cet apprentissage soudain auquel elle n’était pas préparée. Et les passages de Taki apprenant les rituels auprès de la grand-mère de Mitsuha et découvrant l’essence du musubi (unir, nouer – un concept du shintoïsme très important au Japon) sont très soignés et pédagogiques. Bien sûr, les personnes qui s’aiment sont unies malgré la distance, mais le concept de musubi va bien plus loin, avec la tresse kumihimo aux trois couleurs du lac, du crépuscule, et de la comète, ainsi qu’avec les temporalités reliées et l’aspect cyclique de l’univers.

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Cette comète, elle-même élément cyclique, détruit une ville entière et n’est pas sans faire allusion au tsunami qui dévasta la région de Fukushima en 2011. Cette catastrophe rappelle que le Japon est un pays instable souvent frappé par les catastrophes naturelles, et que chaque Japonais vit avec en lui ce sentiment inéluctable que tout peut disparaître d’un moment à l’autre. Ce « destin » est ancré en eux, mais c’est contre celui-ci que Taki va se battre pour sauver Mitsuha et son village, qu’il a appris à connaître et à aimer. Your name bénéficie d’une très belle bande originale pop-rock du groupe Radwimps, d’un scénario très élaboré, d’une esthétique sublime, et d’un humour rafraichissant : un vrai chef d’oeuvre qui a détrôné les plus grands pour devenir le deuxième anime japonais le plus vu derrière Le voyage de Chihiro et devant tous les autres anime d’Hayao Miyazaki !