Ryôkan était un moine pour le moins particulier. Ayant eu une enfance calme et une éducation lettrée dans une famille aisée, il décida lui-même d’entrer dans un monastère zen à l’âge de dix-huit ans. Suivant son maître Kokusen dans un temple de Tamashima (proche de Kurashiki), il y resta jusqu’à la mort de celui-ci. Il décida alors de partir en pèlerinage à travers le Japon. Il fut moine itinérant pendant cinq ans, avant de revenir dans sa région natale et de s’installer dans un ermitage. Il y resta vingt ans, puis dix ans dans un autre ermitage, avant de loger dans la grange d’un ami paysan jusqu’à sa mort.

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Totalement en dehors de l’institution, Ryôkan n’avait aucun titre officiel et n’avait du coup pas le droit de transmettre le bouddhisme. Il vécut en mendiant sa nourriture, mais laissa à tous les gens qu’il rencontra une image très positive et joyeuse, celle de quelqu’un qui parle aux autres avec joie et compassion, toujours souriant : « Le rencontrer c’est, dit-on, comme si le printemps arrivait par une journée d’hiver obscur ». Son nom lui a été donné par le maître Kokusen, et se constitue de deux kanji, 良寛, qui signifient « bon » et « généreux, ouvert d’esprit ». La grande qualité de cette édition est d’avoir les poèmes écrits en japonais, et de leur laisser de l’espace pour s’exprimer en n’imprimant que sur le recto des pages. Je trouve les haiku de ce recueil particulièrement beaux et apaisants.

 

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