005Tsunehiko Kuwabara passe tous ses étés dans le sud-est de la préfecture de Chiba, proche de Tokyo. La modernité a gagné petit à petit ce coin rural du Japon, mais les traditions y sont encore fortement ancrées. L’agriculture y est très présente : « c’est le premier producteur maraîcher du pays« . L’auteur arrive dans cette région au début du mois de juillet, pendant les derniers jours de la saison des pluies, et y passe les deux mois de l’été jusqu’à ce que l’obon (fête traditionnelle de commémoration des ancêtres) soit passé et que les typhons arrivent, vers la fin du mois d’août.

006Dans cette période, la vie est rythmée par les festivals et les fêtes traditionnelles, mais aussi par la chaleur et les cultures agricoles. Ainsi, Tsunehiko Kuwabara nous raconte l’été japonais à Chiba : la chaleur humide de début juillet avec ses ajisai (hortensias) et ses uniformes légers, le soleil de la fin juillet avec ses fleurs et ses plats rafraichissants, les baignades et la pêche au son des matsuri (festivals), l’obon avec ses danses et ses traditions, les familles rentrant du cimetière avec un lampion puis y retournant quatre jours plus tard, toujours avec un lampion pour raccompagner les ancêtres après les avoir ramenés chez eux et gâtés,…

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Les aquarelles de Tsunehiko Kuwabara sont magnifiques, joyeuses et colorées, décrivant le quotidien comme si nous étions à côté de l’auteur lui-même. Malgré un flou « onirique » dans les paysages, les détails sont très présents et précis dans chaque dessin.  L’intérêt du livre est de laisser l’été s’écouler devant nos yeux en captant les couleurs, les moments typiques de cette saison, transcrivant un regard qui se pose sur ce qui est beau et simple, sur ce qui évolue au fil des journées, sur ce qui n’est pas dans un guide touristique : la vraie vie et les vraies personnes. En fermant ce livre, on a l’impression d’y avoir été, d’avoir encore le goût des aliments sur les lèvres, le son des animaux et des tambours dans les oreilles, le souvenir de ces rencontres avec les habitants de la préfecture. Et on ne peut s’empêcher d’avoir envie d’y retourner… l’été prochain!

 

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