Ruriko est calligraphe. Son mari la trompe depuis déjà trois ans sans qu’elle arrive à trouver une solution. Un jour, elle prépare ses affaires pour partir et quitter cette maison et son mari. Soudainement, elle repense au chalet de sa famille, perdu dans les bois, et elle s’y rend.

« Sans écrire une ligne, sans laver la poêle sale,

en laissant une moitié de tomate sur la planche à découper,

je suis partie »

Peu de jours après son arrivée, un orage éclate. Une femme habitant un chalet voisin vient la voir pour lui porter des bougies et des allumettes. Il s’agit de Kaoru. Elle est l’assistante de Nitta, un ancien pianiste de talent devenu facteur de clavecins et qui vit seul avec son chien aveugle et sourd. Nitta ne peut plus jouer devant quelqu’un. Mais un soir où Ruriko leur rend visite, elle le surprend en train de jouer « Les tendres plaintes » de Rameau pour Kaoru. Ruriko se demande alors quelle est vraiment leur relation.

« Pendant qu’on joue du clavecin, je peux rester muet autant que je veux

sans blesser l’autre« 

Dans ce récit, Yôko Ogawa créé une relation triangulaire entre trois personnages singuliers, blessés et seuls en eux-mêmes. Ruriko tombe vite sous le charme du romantique Nitta et devient jalouse de Kaoru, mais elle se rend progressivement compte qu’elle ne pourra jamais partager ce qu’ils partagent tous les deux avec le clavecin.

Je préfère ne pas analyser l’histoire ou les personnages, car ce livre est comme un morceau de musique : on le ressent, on l’écoute, on le laisse résonner en nous plutôt que de chercher à le comprendre. Yôko Ogawa n’a pas voulu une complexité des personnages ni une profondeur du scénario. Elle raconte cette histoire comme si nous étions hors du monde, hors du temps, une magnifique parenthèse où s’entremêlent les relations fugitives, la solitude de l’être humain, et les sonorités magiques des clavecins de M. Nitta.

 

« Les résonances du clavecin parvenaient au plus profond de mon cœur.

Elles remplissaient lentement la petite obscurité que ni la lumière ni les paroles

n’atteignaient. Elles ne s’écoulaient nulle part. Elles restaient là indéfiniment. »

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