0038 juin 1924. Georges Mallory et Andrew Irvine se lancent à l’assaut du toit du monde, l’Everest. Noel Odell, géologue et alpiniste, sera le dernier à les apercevoir dans leur ultime ascension avant qu’ils ne soient cachés par les nuages. Sont-ils morts pendant leur ascension ou ont-ils atteint le sommet avant de mourir dans la descente ? De nombreuses hypothèses ont vu le jour, mais la vérité est toujours inconnue.

1993. Makoto Fukamachi est photographe et journaliste passionné d’alpinisme. Il a suivi l’ascension de l’Everest  par une équipe japonaise, mais deux des grimpeurs ont trouvé la mort et la vue de leur chute le hante particulièrement. Il erre à présent dans Katmandou lorsqu’il tombe par hasard sur un vieil appareil photo dans une échoppe : pourrait-il s’agir de l’appareil photo de Georges Mallory ? Si c’est le cas, Makoto Fukamachi lèverait le voile sur le plus grand mystère du monde de l’alpinisme en découvrant si oui ou non Mallory et Irvine ont atteint le sommet de l’Everest en 1924. Mais la pellicule est absente, donc le journaliste doit maintenant trouver la personne qui a découvert cet appareil pour en apprendre davantage.

001L’intérêt qu’il porte à l’appareil photo surprend le vendeur, et celui-ci envoie des hommes pour surveiller Makoto Fukamachi et le lui voler. C’est à ce moment qu’il fera la rencontre des deux hommes incroyables à qui il appartenait avant qu’un voleur ne le subtilise et le vende au marchand de l’échoppe : Habu Jôji et Ang Tshering. Ang Tshering est un sherpa légendaire, ayant atteint à deux reprises le sommet de l’Everest. Habu Jôji est un des plus grands alpinistes japonais et même mondiaux, mais son tempérament a joué en sa défaveur. C’est lui qui a découvert l’appareil photo de Georges Mallory. A partir de ce moment-là, Makoto Fukamachi sera fasciné par Habu Jôji, surnommé Bikhalu Sanh (le serpent vénimeux) et n’aura plus qu’une seule idée en tête, celle de tout découvrir de cet incroyable alpiniste avant de le retrouver pour connaître la vérité sur sa découverte de l’appareil photo de Mallory. Et après de nombreuses aventures, sa recherche le mènera sur les pentes de l’Everest pour suivre Habu Jôji dans sa plus folle entreprise : l’ascension hivernale de la face sud-ouest de l’Everest, en solitaire et sans oxygène !

002

Quelle histoire, adaptée du livre de l’auteur japonais Baku Yumemakura ! Les dessins de Jirô Taniguchi sont tout simplement incroyables et saisissants de réalisme, et redonnent toute leur grandeur aux plus hautes montagnes du monde. Il y a un réel sentiment de puissance qui se dégage des sommets, et les scènes d’alpinisme sont à couper le souffle. On se sent escalader à côté des héros, et on ressent le froid intense et le souffle glacial du vent autant que si nous y étions vraiment. Bien que le récit prenne parfois un côté historique (excessivement bien documenté et précis), Makoto Fukamachi et Habu Jôji sont des personnages fictifs. Après la mise en place du décor et de l’intrigue dans le premier volume, la recherche de Fukamachi nous entraîne à la rencontre des personnes qui ont côtoyé Habu Jôji, pour de magnifiques récits qui nous font découvrir toute sa vie, en s’attardant particulièrement sur sa rivalité avec Tsuneo Hase. Habu a une aura fabuleuse, il nous impressionne et nous séduit, il transpire la puissance, et nous développons le même besoin que Fukamachi de le suivre. Les deux derniers volumes seront destinés à suivre son ascension finale de l’Everest et à livrer la clé de l’histoire. Les cinq tomes de la série font chacun plus de 300 pages mais il est absolument impossible de décrocher tellement tout est prenant et somptueux ! « Le Sommet des dieux » est un véritable chef-d’œuvre, à lire absolument.

 

Publicités