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Kobe, été 1945. La guerre fait rage et les bombardiers américains larguent une pluie de bombes incendiaires sur la ville. Seita, jeune adolescent de 14 ans, fuit vers la mer en portant sa soeur Setsuko tandis que sa mère court vers un abri. Après le bombardement, Seita revient vers la ville pour retrouver sa mère, mais c’est un spectacle de désolation qui s’offre à ses yeux : quartiers entièrement détruits, ruines calcinées,… Il ne reste que peu de choses de Kobe. Apprenant que sa mère est blessée, il va à son chevet mais la découvre presque totalement brûlée. Elle mourra dans la nuit. Seita emmène alors Setsuko chez leur tante dans la ville voisine de Nishinomiya, mais même si tout se passe bien au départ, celle-ci devient rapidement désagréable et couvre Seita de reproches. Souhaitant partir, les deux enfants iront habiter dans un refuge abandonné pour y vivre leur vie comme ils l’entendent…mais Setsuko montre des signes de faiblesse…

lucioleBien que la guerre soit montrée comme principale responsable de la détresse de ces deux enfants si attachants, Isao Takahata évite le simple manichéisme à de nombreuses reprises. Lorsque Seita vole de la nourriture, l’agriculteur est véritablement violent et le traîne jusqu’au policier. Mais cette nourriture est également dédiée à d’autres personnes, et la voler en temps de guerre est un crime. La tante désagréable et méchante avec les enfants ne peut pas non plus s’occuper de deux enfants supplémentaires car elle doit préserver sa famille proche. Et le policier gentil qui se montre compréhensif laisse partir Seita sans réellement le remettre dans le droit chemin, et du coup sans l’aider. C’est ce pauvre Seita, héros pour sa sœur et à nos yeux qui est forcé de prendre des décisions qu’il ne peut pas véritablement prendre avec clarté à seulement 14 ans. Ses décisions (même si elles sont prises pour leur bien) et son orgueil mèneront sa sœur vers la maladie. Il représente ainsi le pays japonais, qui avec son isolationnisme et son orgueil a causé sa propre perte et la mort de tellement de personnes innocentes.

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Tiré de la nouvelle quasi autobiographique « Le tombeau des lucioles » d’Akiyuki Nosaka, cet anime est un véritable chef-d’œuvre devant lequel il est très difficile de ne pas se mettre à pleurer. Très fidèle au texte de Nosaka, Isao Takahata n’invente que la partie onirique du début et de la fin, et n’élude que les descriptions très crues de la maladie de Setsuko présentes dans la nouvelle. Le dessin est magnifique et Isao Takahata représente avec authenticité et précision le quartier de Kobe dans lequel habitait Nosaka. L’écrivain dira d’ailleurs avoir retrouvé maison par maison le souvenir de son enfance au travers de l’anime. Et comment ne pas s’émouvoir devant le dévouement de Seita pour sa sœur et devant l’émerveillement de l’adorable Setsuko face aux lucioles? Une œuvre incontournable, belle et tragique, indispensable, à voir et à revoir!

 

 

 

 

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