embuscadeUn rônin (samouraï sans maître) sans nom va à la rencontre d’un mystérieux homme apparemment haut placé.  Celui-ci lui confie une mission plutôt étonnante et mystérieuse : passer cinq jours dans une auberge en buvant du saké et attendre une lettre. Dans cette lettre il n’y aura qu’un seul caractère, soit « montagne 山 » soit « trois 三 », lui indiquant de se rendre sur la Nakasendô (route reliant Edo à Kyoto et passant par les montagnes de Nagano) pour le premier ou au col des trois provinces pour le second. Dans le second cas, il devra attendre que quelque chose se passe et agir en fonction de son sentiment. Après cinq jours d’attente, la lettre arrive et c’est le caractère « trois » qui est écrit. Le rônin se rend alors en direction du col, et après avoir délivré une femme de son mari violent, la laisse dans une auberge afin de continuer sa route seul. Il y reviendra et l’auberge deviendra le lieu de l’intrigue, avec différents personnages qui arrivent tour à tour : un médecin vicieux qui se cache, un membre des yakuza, un inspecteur et son prisonnier, des joueurs de taiko,…

embuscade2Après une entrée en matière attirante qui suscite de suite notre intérêt (le rendez-vous entre le rônin et son commanditaire), le générique commence avec une musique typique des jidai-geki (récits historiques autour des samouraï), dans le même style que les grands films d’Akira Kurosawa et rappelant les musiques de western qui s’inspirèrent grandement de ce genre cinématographique japonais. Et ce générique nous apprend qu’il ne s’agit pas d’un simple et énième film d’époque, car le casting et l’équipe technique est de très haut niveau. Le réalisateur Hiroshi Inagaki a déjà tourné « La légende de Musashi » et « L’homme au pousse-pousse », Lion d’or à Venise en 1958. Le compositeur Masaru Satô et le scénariste Hideo Oguni étaient les grands collaborateurs d’Akira Kurosawa sur ses plus importants jidai-geki (« Le château de l’araignée« , « La forteresse cachée« , « Sanjuro« , « Le garde du corps« ). On retrouve parmi les acteurs l’immense Toshirô Mifune, l’acteur principal de la série « Zatoichi » Shintarô Katsu, et la très belle Ruriko Asaoka qui vient de jouer dans « Goyokin« .

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Et même si ce film n’est pas du niveau des grands films d’Akira Kurosawa, les personnages, le lieu en quasi huis-clos, les retournements de situation, etc. donnent à l’intrigue un côté très agréable et divertissant, le tout embelli par un décor magnifique et allégé par des dialogues empreints d’ironie. On prend beaucoup de plaisir à suivre l’histoire et à observer l’évolution des personnages, tout en découvrant progressivement toutes les ficelles de l’intrigue et le rôle de chacun. Un bon moment à passer devant « L’embuscade » !

 

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