rebellionIsaburo Sasahara est un samouraï aux ordres d’un chef de clan. Excellent bretteur, il vit en exécutant les ordres de celui-ci, et a pour épouse une femme directive et particulièrement désagréable. Son ami Tatewaki partage régulièrement ses pensées avec lui, et ils semblent très proches bien que leur tempérament diffère. Attendant que son fils aîné Yogoro trouve une femme, il voit son seigneur lui imposer une ancienne concubine pour l’épouser. Souhaitant refuser car la réputation de cette femme est mauvaise, il est contraint d’accepter. Mais cette jeune femme, Dame Ichi, s’avère être une épouse parfaite et forme un couple heureux avec Yogoro. Seulement, quelques années plus tard, le seigneur perd son premier fils et ordonne à Isaburo Sasahara de rendre Dame Ichi au château… cette fois il s’y opposera aux côtés de Yogoro, quitte à ruiner la réputation de sa famille.

rebellion2Masaki Kobayashi, le réalisateur connu pour son chef-d’œuvre « Seppuku » (mal traduit en français par « Hara-kiri« ), dénonce avec force et puissance les dérives des seigneurs de la période d’Edo ainsi que leur imperméabilité aux sentiments des autres. Il y critique fortement les sacrifices volontaires et met la lumière sur le sacrifice dans tout ce qu’il a de plus beau et de plus noble au travers des personnages de Dame Ichi, d’Isaburo Sasahara, et de Yogoro. Après une vie de servitude envers son seigneur et sa famille d’adoption, Isaburo Sasahara découvre la beauté de l’amour dans la relation de son fils et de son épouse, et il trouve un véritable sens à sa vie en défendant celui-ci, se sentant vivant pour la première fois.

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Toshirô Mifune et Tatsuya Nakadai, deux des grands acteurs japonais fidèles d’Akira Kurosawa, sont accompagnés par Yôko Tsukasa (« Le garde du corps », « Goyokin« ) excellente en Dame Ichi. Shinobu Hashimoto, scénariste de « Les sept samouraïs » prouve encore son génie tandis que le compositeur Tôru Takemitsu propose une excellente musique percussive. Hideo Kanze, grand acteur de nô et descendant des fondateurs Kan.Ami et Zeami, participe à la qualité artistique du film par sa présence. L’enchaînement des plans du début du film, la scène du combat final, la qualité des plans fixes, les zooms millimétrés, le noir et blanc… tout est magnifiquement dirigé par Masaki Kobayashi, comme le prouve un Toshirô Mifune excellent sous tous les aspects de son rôle. « Rébellion » est un grand film méconnu qui mériterait une plus grande reconnaissance!

 

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