lumieresAkihiro est un réalisateur japonais qui habite à Paris. Il revient au Japon, plus précisément à Hiroshima, pour tourner un documentaire à l’occasion des 70 ans du bombardement nucléaire. Après l’interview terrible d’une survivante de la Bombe, Akihiro ressent le besoin de marcher dans le parc de la Paix. Il y fait la rencontre d’une jeune femme souriante et plutôt entreprenante, qui lui pose plein de questions sur ce qu’il fait, puis l’entraîne dans la ville à la découverte de plein d’autres choses… Après un témoignage pesant, sombre, dur, le film prend donc un ton beaucoup plus léger et doux avec la rencontre entre Akihiro et la jeune femme, et leur déambulation.

Lumieres2Accompagné de Michiko, Akihiro découvre ainsi un tout autre Hiroshima, vivant, plein de souvenirs mais avançant droit devant. La rencontre avec un restaurateur d’okonomiyaki (spécialité d’Hiroshima) lui apprend un passé méconnu et le recadre dans la réalité : les jeunes oublient très vite, seuls les personnes âgées l’ayant vécu comprennent réellement ce qui s’est passé. Akihiro doit transmettre la vérité par son documentaire et l’assimiler, pas seulement la côtoyer le temps d’un tournage. Et la journée partagée avec Yuji et son grand-père Etsuro est également l’occasion de la transmission à travers les générations. Mais c’est également là que le film a un double intérêt : grâce au « fantôme » Michiko et à cette journée à quatre, Akihiro redécouvre les traditions d’un Japon qu’il a quitté justement parce qu’il n’aimait pas cela. Le voyage initiatique est double, et permet à Akihiro de changer son impression et son regard sur son pays d’origine, qu’il découvre avec un regard d’adulte pour la première fois.

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Jean-Gabriel Périot, auteur de court-métrages et de documentaires, et habitué des images d’archives, réalise ici sa première fiction en long métrage. Il souhaitait au départ confier le témoignage à une véritable rescapée, mais pour des raisons d’éthiques et le besoin de la fiction, il a opté pour un mélange de plusieurs témoignages raconté par la très connue mime Mamako Yoneyama. J’ai déjà assisté à des témoignages de survivants sur place, notamment celui d’Isao Aratani avec qui j’avais un peu correspondu et qui avait soulevé en moi beaucoup de choses, et je suis allé aux musées d’Hiroshima et de Nagasaki où j’ai vu de nombreux récits et commentaires, sans parler des photographies. Je savais donc à peu près ce qui allait être raconté, mais ces 20 premières minutes de témoignages étaient tout de même aussi suffocantes et terribles que nécessaires. On retrouve ici la réalité et la vérité des documentaires historiques de Jean-Gabriel Périot, qui continue heureusement avec une atmosphère bien plus légère et très agréable. Le personnage d’Akihiro est vraiment très représentatif de nombreux Japonais, et l’approche de sa découverte initiatique est vraiment réussie. A voir!

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