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Sanjûrô Kuwabatake est un rônin, samouraï sans maître qui vagabonde de village en village. Arrivé par hasard dans la petite ville de Manome, il y rencontre un premier homme qui lui explique la situation et lui demande de les aider, puis un second, l’aubergiste, qui lui conseille de partir. Manome est le théâtre d’un affrontement entre deux clans : celui de Tokuemon, le brasseur de sake, et celui de Tazaemon, le marchand de soie. Ces deux hommes ont chacun loué les services de malfrats et voyous pour constituer une bande plus forte que celle de son rival et prendre le monopole du village. Sanjûrô (qui se fera appeler yôjinbô – le garde du corps), observant le village depuis l’auberge situé pile au milieu, décide alors d’agir. Il va vendre ses services à l’un puis à l’autre, dans le but de les faire s’entretuer et de libérer les villageois de ce conflit. Mais au moment où son plan semble fonctionner, un émissaire du gouvernement arrive et met fin à la bagarre… Le Yôjinbô va devoir s’impliquer encore plus, quitte à prendre de gros risques.

gardePremier film avec ce personnage avant la suite « Tsubaki Sanjûrô« , « Le garde du corps » est un film exceptionnel pour plusieurs raisons. Dès le début, le ton de la comédie est donné par le rônin qui arrive à un croisement et se demande où il va aller. Ramassant une branche, il la jette en l’air puis suit la direction qu’elle indique… bien qu’il y ait de nombreux morts, les situations comiques sont bien présentes tout au long du film. Pour la première fois, deux camps de « méchants » s’affrontent, et le yôjinbô arrive au milieu et essaie de les faire s’entretuer. Pas de bons, de gentils, de personnes à sauver… ceci inspirera Sergio Leone qui fera un remake de ce film avec « Pour une poignée de dollars« . Il y a également l’introduction du revolver occidental, qui amènera un duel final plus intense que d’habitude, et une réflexion également plus profonde sur l’avenir du sabre et des samouraïs à cette époque.

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Comme d’habitude, Akira Kurosawa s’est entouré de ses acteurs préférés, avec à la fois Toshirô Mifune, Tatsuya Nakadai, et Takashi Shimura, plus de nombreux autres acteurs que l’on retrouve dans beaucoup de ses films (Isuzu Yamada, Susumu Fujita, Eijirô Tôno,…). Deux de ses scénaristes habituels et le génial Masaru Satô pour la musique complètent une équipe technique solide et performante, pour un grand film sombre mais amusant, où la tactique se mêle aux combats, et où Toshirô Mifune excelle encore une fois! Comme toujours le noir et blanc et le cadrage sont d’une beauté captivante, sans parler d’une mise en scène irréprochable tournant autour du rônin, qui depuis la scène inaugurale est le véritable réalisateur du film. « Le garde du corps » fait partie de ces films qui marquent l’histoire du cinéma et font vivre de grands moments aux spectateurs !

 

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