avalon3Ash est une très bonne guerrière dans le jeu interdit de réalité virtuelle appelé « Avalon« . Elle vit seule et ses journées consistent à jouer dans Avalon pour monter en niveau et gagner sa vie, puis à rester chez elle et préparer à manger pour son chien. Auparavant, Ash faisait partie d’un groupe légendaire du jeu, mais le groupe à été dissout à la suite d’une mission qui a mal tourné. Depuis, Ash joue seule. Un de ses anciens coéquipiers lui apprend que son compagnon de l’époque s’est aventuré trop loin dans le jeu et est maintenant un « non-revenu ». Ash va alors tout faire pour trouver le niveau « spécial A », un niveau caché dont personne n’est encore revenu.

avalon2Tout au long du film, nous sommes  balancés entre différentes réalités, virtuelles ou non, sans jamais savoir s’il existe un véritable réel. Le jeu est bien entendu une réalité virtuelle, avec un accès informatique, des personnes qui disparaissent comme dans un programme, des changements de zone instantanés,… Mais le monde dans lequel vit Ash est également très mystérieux, avec de nombreux figurants paraissant sans vie dans la rue et dans le tram. Le niveau du jeu intitulé réel semble réel mais on peut voir à la fin qu’il ne l’est pas plus que les autres malgré son apparence. C’est justement toute une réflexion sur l’apparence qui est proposée par le réalisateur, avec des livres aux pages blanches, et autant de décors qui ne sont que des décors, comme ces personnes dans la rue restant inanimées puisqu’elles ne font pas partie de l’intrigue et ne sont donc « que » des décors. Mais plus loin encore, Mamoru Oshii étudie le jeu et la virtualité dans une autre dimension que celle habituellement manichéenne et spectaculaire (comme « Matrix » à la même période), et propose une réflexion au travers de ses personnages.

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« Avalon » est un vrai bijou, à la fois chef d’œuvre et ovni. Le filtre sépia plus ou moins prononcé selon les virtualités apporte une ambiance sombre mais poétique, froide mais attirante. Filmé en réel puis modifié majoritairement par ordinateur, le film en lui même est une recherche illustrant le propos de l’histoire sur ce qui est réel et ne l’est pas. Si on peut regretter le mauvais jeu de l’acteur qui interprète Murphy à la fin, on ne peut qu’être époustouflé par la qualité de l’image, le jeu d’ombres et de lumières, le traitement de la vitesse d’images sur les scènes d’action, la BO magnifique de Kenji Kawai avec un des morceaux les plus envoutants que je connaisse, la singularité des décors et du projet (tourné par un réalisateur japonais avec une équipe polonaise dans des usines désaffectées locales), la complexité des niveaux de virtualité et leur rapport avec la légende du roi Arthur,… « Avalon » a été et reste un film irremplaçable et surprenant, envoutant, totalement unique, à voir sans la moindre hésitation !

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« Sais-tu quel est le meilleur jeu? Celui que tu penses pouvoir finir sans y arriver ou celui qui paraît impossible mais ne l’est pas ? »

 

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