Aussi curieux que cela puisse paraître, je n’étais encore jamais allé dans un ryokan, ces auberges traditionnelles qui proposent P1070392un séjour à la japonaise. Comme j’avais toujours été en famille d’accueil, en appartement, en guest houses ou sous la tente, je n’avais jamais eu l’occasion de tester ces endroits pourtant si réputés.

Ma compagne avait choisi Sasayama pour plusieurs raisons. Il s’agit d’un endroit plutôt reculé, en pleine campagne comme je les aime, elle adore les spécialités locales de la région, et une personne de sa famille est native de cette ville : autant de raisons qui lui ont fait choisir cette visite et la réservation au ryokan Kinmata (近又).

P1070366A notre arrivée, nous avons été surpris d’être appelés par notre nom sans avoir fait les présentations, mais nous avons juste laissés les bagages afin d’aller manger dehors et faire quelques visites. De retour au ryokan en milieu d’après-midi, deux chaussons nous attendaient dans l’entrée…comment ont-ils su que nous arrivions ? Une employée nous a alors fait visiter le ryokan, tout en expliquant qu’aujourd’hui nous serions seuls à loger ici et que nous aurions droit aux bains et au repas dans la salle de restauration en privé (kashikiri). Les yukata nous attendaient avec nos bagages dans la très belle chambre, et nous les enfilions pour aller aux bains (les employés avaient écrit notre nom sur une plaque de bois fixée à l’entrée des bains…quel luxe!).

 

 

 

Mais le plus impressionnant fut le repas, dans la grande salle où nous étions seuls. La salle est déjà très belle, avec son tokonoma dans lequel est posé un bouquet façon ikebana, l’armure de samouraï, et les deux jardins de part et d’autre. La serveuse nous apporta tous les plats en nous les présentant et en expliquant les différentes spécialités locales : et c’était un vrai régal, la preuve en images !!

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Le menu nous attend, orné d’une feuille d’érable japonais momiji
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Tôfu avec oursins et wasabi

 

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Assortiment de légumes (tomate, sushi d’aubergine, eda mame, patate douce, karasumi (poche d’œufs de poisson salée et séchée), moroheiya (plante équivalente de la corète) au sésame, petits poissons jako (alevins) marinés, aubergines et goya.

 

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Murène, tôfu aux œufs de murène, prune salée umeboshi, et courge

 

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Sashimi coupés extrêmement fins (usu-zukuri) de daurade d’Akashi (près d’Himeji), avec myôga et potiron rapés, sauce ponzu

 

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Rôti de bœuf de Sasayama, légumes d’été, sauce wasabi maison et pâte d’oignons

 

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Riz koshi-hikari de Sasayama (très haute qualité), sauce tororo (igname japonais), tsukemono de légumes locaux, et soupe miso de kuro-mame (miso de soja noir – spécialité locale)

 

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Warabi-mochi au sirop de sucre noir avec thé matcha

 

Entrée de notre chambre

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Toilettes d’un côté

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et la baignoire de l’autre

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avec le reste de la salle de bain

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La chambre avec les futons installés par le personnel (en poussant la table basse) pendant que nous étions en train de manger

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Le lendemain matin, nous avions rendez-vous à 8h pour le petit-déjeuner. Après un nouveau tour aux bains toujours privés, nous sommes descendus pour manger, et l’employée de la veille nous attendait en bas de l’escalier pour nous guider jusqu’à la salle où le petit-déjeuner était servi. J’avoue que je m’attendais seulement à m’installer et à ce qu’on me propose un petit-déjeuner japonais ou occidental, mais tout était déjà prêt et nous attendait. Et quel repas, encore une fois !!

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Poisson grillé et mentaiko (petits œufs de poisson), avec du riz koshi-hikari, une soupe miso, des algues nori, des tsukemono, des tomates pelées, du potiron mariné, et la fameuse salade de pommes de terre à la japonaise
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Tôfu et tôfu frit cuits dans l’eau, accompagnés de l’omelette japonaise tamagoyaki qui nous a été apportée ensuite pour compléter !

 

Petite ballade dans Sasayama

 

En 1609, le grand seigneur Tokugawa Ieyasu fit construire le château de Sasayama dans le but de contrôler la région en isolant les différents seigneurs de guerre et d’imposer son pouvoir sur la famille Toyotomi régnant alors au château d’Osaka. Il imposa aux seigneurs de la région de construire en une seule année à leurs frais ce château, ce qui fut une entreprise incroyablement difficile et pénible car il fallut aller chercher des pierres partout aux alentours et les ramener sur cette colline.

La ville devint florissante grâce au château et à son activité, et des quartiers de samouraï ainsi que de marchands virent le jour (et sont toujours très bien conservés). Le clan Aoyama qui régissait cette région ensuite a énormément développé l’enseignement et la culture, et on peut donc trouver de nombreuses traces de cette période dans la ville, avec le théâtre nô dans le Kasuga jinja, les défilés de mikoshi, les danses du festival (dekansho matsuri), le pavillon principal du château, les très nombreuses plaques d’impression de manuels pédagogiques,… La ville a également développé de nombreuses spécialités culinaires, comme le ragoût de sanglier, les fèves de soja noir, les eda mame, le saké, les soba,… ce qui en fait un endroit très agréable à l’écart de la foule, dans lequel on trouve la réelle atmosphère populaire du Japon.

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Les ishigaki du château

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Abri pour les mikoshi
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La rue des commerçants
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Scène de théâtre nô
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Danse et chant pour le dekansho matsuri
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Bloc d’impression de manuel pédagogique
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Dans le pavillon principal du château

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