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Nous sommes au milieu du 19ème siècle, vers la fin du règne des Tokugawa. Le modeste clan Sabai organise par l’intermédiaire de Tatewaki le détournement d’un convoi d’or venant des mines de l’ïle de Sado et destiné au shôgun. Pour s’assurer l’absence totale de témoin, Tatewaki fait exécuter et disparaître tous les habitants d’un village de pêcheur ayant assisté à la scène. Le samouraï Magobei, son ami et beau-frère, renie complètement cette façon d’agir et décide de quitter le clan après avoir fait promettre à Tatewaki de ne jamais recommencer. Dans le même temps, une jeune femme revient à ce village de pêcheurs pour se marier après un long apprentissage et le découvre vide à l’exception des nombreux corbeaux qui hantent maintenant l’endroit : les habitants semblent avoir été enlevés par les dieux !

goyokin_01Trois années plus tard, alors que Magobei est proche de renoncer à son statut de samouraï, des soldats du clan Sabai tentent de l’assassiner. Il apprend à ce moment que Tatewaki va rompre son serment et renouveler le détournement d’un convoi et l’exécution d’un village entier. Magobei y voit alors l’occasion de rentrer pour s’opposer au clan et protéger les villageois tout en agissant comme il aurait dû le faire il y a trois ans. Ainsi, ce sabreur sombre et déterminé reprend la route à la recherche de son honneur et de ce qui faisait de lui un samouraï au sens originel, et combat son ancien clan et ce que sont devenus les samouraïs de cette époque : des soldats servant seulement les intérêts de leur fief. Il croisera sur sa route la jeune femme du village anéanti ainsi qu’un espion du shôgun atypique.

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« Goyôkin » est un jidai-geki lugubre, froid, crépusculaire. Les combats sont courts mais violents et intenses. L’eau est tourmentée, le vent souffle ses fortes rafales, la neige recouvre tout de sa blancheur et contraste avec la noirceur, la dureté, ou la beauté des personnages. Tatsuya Nakadai est toujours aussi charismatique, tellement présent comme dans « Ran » ou « Harakiri ». Il transmet par son regard sa souffrance, sa rage, son dégoût, sa volonté et sa grandeur d’âme. Kinnosuke Nakamura est toujours intéressant en personnage secondaire (comme dans « Machibuse« ) et Ruriko Asaoka (« Machibuse« , « The 47 ronin ») remplit l’écran par ses émotions et sa beauté. Masaru Satô nous offre un thème musical à la hauteur de son talent, la technique sublime les paysages enneigés et maritimes, et la mise en scène insiste sur le froid qui envahit les lieux autant que les personnages, comme dans ce fabuleux duel final au seul bruit des samouraïs soufflant sur leurs mains pour les réchauffer et pouvoir ainsi tenir leur sabre. Nous sommes nous-mêmes gagnés par ce froid et cette dureté, par le cri des corbeaux et les rafales de vent, par l’intensité des différents personnages… « Goyôkin » est en cela un film particulièrement unique et mémorable !

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