A propos

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Je vais profiter de cette page pour vous parler un peu plus de mon cheminement vers et au Japon, depuis le tout début.

Comme je l’ai évoqué dans la page d’accueil de ce blog, mon premier coup de coeur pour le Japon remonte à ma 1ère année de fac à Albi. Je suivais des cours d’Audiovisuel/Sémiologie des écrans avec Pierre Molinier et nous avons regardé un passage du film Dodes’Kaden d’Akira Kurosawa. J’étais encore très loin de me douter à quel point cela influerait sur ma vie et sur mes passions !

A la sortie du cours, je suis allé emprunter le film à la médiathèque pour le voir en entier, puis j’ai commencé à regarder d’autres films de ce réalisateur. J’ai toujours aimé regarder des films, et à l’époque c’était l’Asie en général qui m’attirait, avec les sorties de films tels que Hero ou Tigre et Dragon ou le visionnage de films de guerre comme Furyo et La 317ème section. Mais chez Kurosawa j’ai trouvé un cinéma qui me parlait, qui me plaisait, me touchait et me faisait rire, un tout qui me faisait me dire à moi-même : je rêve d’être là, d’être ce personnage, de dire cette phrase, de voir ces maisons, ces paysages,…

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Après avoir vu une vingtaine des 30 films d’Akira Kurosawa, je me suis tourné vers d’autres réalisateurs, puis vers des livres, des anime, des documentaires, de la musique, les arts traditionnels,… tout ce qui était japonais m’intriguait et j’y jetais un coup d’œil. Puis à l’intérieur de tout ça je découvrais de nouvelles choses, et petit à petit : je me suis rendu compte que j’étais passionné et que je devais aller plus loin.

Bien sûr, tout cela se passait en marge de mes études principales : la musique. Bac spécialité musique, j’avais 13h de musique au lycée et 7-8h au conservatoire chaque semaine. Puis DEUG de Lettres Modernes avant le DU de Musicien Intervenant en milieu scolaire (DUMI), une formation à temps (très) plein, toujours avec le conservatoire à côté (piano, clarinette, solfège, analyse, chorales, choeur d’hommes, direction de choeur).

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C’est en 2006, lorsque j’ai commencé le Master de Musicologie à Toulouse, que j’ai franchi le cap. Dans un premier temps, j’étais presque tous les jours fourré dans un salon de thé japonais (Okini), et j’y développais mon goût pour le thé vert et parlais Japon avec Chika (la patronne) et ses amies.

Puis j’ai décidé de faire mon mémoire de Master sur la musique de nô et des films japonais (plus précisément : « Comment les notions de rythme, de silence, et d’énergie, éléments structurants du théâtre , sont-elles les fondements du film Tsubaki Sanjuro« ).

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J’ai de la chance car j’ai choisi moi-même mon directeur de recherches en musique, Jésus Aguila, passionné du Japon et Directeur du département musique, du CIAM, et tellement d’autres choses… ainsi qu’un directeur de recherches adjoint pour le cinéma, Pierre Molinier (l’enseignant qui m’avait fait découvrir Kurosawa), Maître de conférences à l’ESAV, responsable de master, et maintes autres fonctions et activités. J’ai une immense admiration et un profond respect pour ces deux personnes, qui m’ont guidé vraiment loin grâce à leur culture, leurs connaissances, et leur pédagogie.

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Et enfin, j’ai commencé en double cursus une licence de japonais pour découvrir la langue, l’utiliser dans mes recherches, et pouvoir me débrouiller seul si je partais au Japon un jour. J’ai alors été tuteur lors de la venue d’étudiants Japonais à la fac, et j’ai poussé au maximum mes recherches sur tout ce qui touche au Japon.

Le Japon n’a plus quitté mes pensées jusqu’à la fin de mes études, et après ma soutenance de mémoire, je suis allé dans une agence de voyage et j’ai acheté mon billet d’avion : départ le 3 mars – retour le 25 janvier de l’année suivante ! En route pour presque 1 an à l’aventure à 10000kms de la région que je n’avais jamais quittée plus de 2 semaines. Ces années-là furent encore plus complètes, car en plus de continuer à prendre des cours d’instrument et de suivre mes deux cursus universitaires, je travaillais le week-end (cours de piano, éveil musical, et direction de chorale) pour payer ce futur voyage.

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Je suis donc arrivé début mars 2010 au Japon et j’avais un visa qui durait 1 an et me permettait de travailler à mi-temps pour subvenir à mes besoins (Working-Holiday Visa). J’avais déjà prévu d’être dans des familles d’accueil à différents endroits pour les 5-6 premiers mois, puis de trouver un travail, si possible à Kyoto.

J’ai passé les 2 premiers mois à Fuji, ville de bord de mer proche du Mont Fuji, dans la préfecture de Shizuoka (j’avais rencontré le fils de la famille à Okini à Toulouse). Cette préfecture est très réputée pour le thé, et j’y ai suivi quelques cours de cérémonie du thé en compagnie d’une des filles de la famille et une initiation à la calligraphie. C’est là que j’ai réellement découvert le Japon et les Japonais, et c’est là que j’ai vraiment su que j’avais bien fait de venir, malgré de nombreuses difficultés de langage et de différences P1040079.JPGavec les enfants, le père, et les grands-parents qui vivaient tous ensemble. Cette famille est devenu ma seconde famille, j’en suis resté très proche et j’ai moi-même accueilli les filles et le père à Toulouse et dans l’Aveyron plusieurs fois. Nous nous sommes revus quasiment tous les ans depuis, et c’est avec la grand-mère que j’ai découvert le sumo et que j’en suis devenu un grand fan !

Le 3ème mois était dans une autre famille d’accueil à Takatsuki (proche d’Osaka), dans un environnement moderne très différent. Chiaki et Hirohisa sont adorables, accueillants, ouverts, curieux, et attentionnés. Je suis retourné les voir pendant la suite de mon séjour et en 2016. Il y a toujours des étrangers de passage chez eux, être famille d’accueil étant véritablement leur mode de vie. Ils apprennent tous deux l’anglais, et leurs deux enfants s’épanouissent dans cet environnement.

063Le 4ème mois prévu à Kyoto dans une autre famille d’accueil était très différent. Je n’ai quasiment eu aucun contact avec le couple âgé, et tout était payant (lessive, vélo, piano,…). Le système était plus celui d’une guest house que d’une famille d’accueil. Vivant assez mal cela, j’ai passé un mois entier dehors à visiter et sortir, ce qui finalement était très bien aussi, et m’a convaincu de revenir à Kyoto plus tard.

Pour les deux mois suivants, 004.JPGj’ai décidé de retourner à Fuji dans la même famille d’accueil, où j’ai retrouvé le cadre familial que j’adorais. J’ai profité de mes progrès en japonais pour parler plus avec eux et mieux les connaître. J’y ai aussi assisté un professeur de français et donné mes premiers cours de cuisine française. Pendant ce temps je cherchais toujours une opportunité à Kyoto, et je l’ai finalement trouvée grâce à la famille d’accueil de Takatsuki. J’ai postulé pour être serveur au restaurant de l’institut franco-japonais de Kyoto, et j’y ai été pris.

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Les 5 derniers mois de ce voyage sont passés très vite mais ont été excessivement riches. J’ai beaucoup travaillé au restaurant, mais j’ai aussi donné des cours de français et de cuisine à plusieurs endroits de Kyoto. J’en ai aussi profité pour visiter au maximum cette ville, que j’ai connu à l’époque comme le fond de ma poche, et pour faire des progrès considérables en japonais (notamment grâce à Ayumi avec qui je faisais de l’échange français/japonais). J’habitais dans une maison partagée, avec une française (Rabab) et un couple indonésien/japonaise (Deddy et Fumi). Notre logeur était un pratiquant de théâtre nô !

20160716_214320.jpgSuite à mon retour en France, j’ai mis du temps à me réadapter à la vie française et à trouver du travail. Je suis maintenant professeur de piano/solfège/éveil musical/chorale dans deux écoles de musique et en cours particuliers à Toulouse et ses alentours depuis 6 ans, et pratiquant d’aïkido depuis autant d’années. Le Japon m’a beaucoup manqué depuis, alors j’y suis retourné en été 2016 pour une grande aventure : la traversée d’est en ouest à vélo en compagnie de mon meilleur pote. Ce road-trip fut incroyable et riche en rencontres et découvertes. Ce voyage à vélo nous a beaucoup appris sur le Japon et sur nous-même, et nous a offert deux mois de liberté et de bonheur. Je projette d’ailleurs d’en faire un autre plus tard!

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